Quand un sujet vient frapper aux portes de l’institution, c’est déjà que le symptôme a échoué à constituer un abri pour lui. Et si le sujet est toujours au travail pour trouver une nouvelle formule du symptôme, le recours aux partenaires qui l’accueillent en institution est une nécessité tant les phénomènes auxquels il a affaire le déconnectent ou compliquent ses affaires avec l’Autre.
Dans ce moment si spécial de l’accueil, nous savons que se joue une partie complexe, parfois difficile, souvent subtile. Il est donc capital de savoir quelle boussole nous oriente dans l’abord du symptôme. Car, si le symptôme parle et que de ce point de vue, il y a lieu de s’intéresser à ce que dit un sujet, ce même symptôme satisfait la pulsion.
La langue que parle le symptôme du sujet est singulière. Elle se dit entre les lignes, entre les mots, dans de modestes bricolages ou de géniales trouvailles, mais toujours elle sollicite une lecture de ceux qui s’en font les destinataires. Il est dès lors impossible de lire sans en passer concrètement par ce que fait tel enfant, tel jeune ou moins jeune dans le quotidien de
l’institution.
Dans l’institution aujourd’hui, quelles sont les conditions pour qu’un travail de la langue singulière du symptôme puisse opérer ? A quel moment peut-on dire qu’un sujet est entré dans l’institution ? Comment le corps est de mise dans ce moment du travail en institution ? Comment concrètement suivre l’élaboration déjà à l’œuvre dans les moments de réunion, dans les ateliers, dans les moments informels, seul ou à plusieurs ?
Nous examinerons dans les détails du travail en institution les boussoles susceptibles d’orienter les professionnels. C’est donc cette orientation singulière et concrète qui est convoquée dans cette journée préparée par des praticiens et des étudiants constitués en cartel de travail. Nous converserons tout au long de la journée avec Dominique Holvoet, psychanalyste, directeur de l’IMP Le Courtil à Tournai.
