Comment vivre avec les autres ?
S’identifier, se lier, se séparer
jeudi 9 avril 2026, 19:30 – 21:00
Novotel Centre Wilson, Toulouse,
Novotel Centre Wilson, Toulouse,
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Interview de Virginie Leblanc Roïc :
Chère Virginie Leblanc Roïc, vous avez accepté de participer aux Grandes Soirées de l’ACF en MP et nous vous en remercions vivement. Pourriez-vous nous dire en quelques mots ce qui vous a donné l’envie d’y participer ?
Je suis très heureuse de retrouver mes collègues et amis de l’ACF pour cette mise au travail dont l’originalité de la forme, et le fil qu’elle permet de tirer m’intéressent particulièrement. La modalité de la conversation à plusieurs est souvent l’occasion, dans notre champ, d’élaborations fécondes. Dans l’institution où je travaille, au Courtil, nous nous appuyons sur le syntagme de « la pratique à plusieurs« , comme l’a nommée J.-A. Miller, pour désigner cette modalité d’intervention auprès de jeunes en déprise psychique. On pourrait garder cette idée du « à plusieurs« non pour se dédouaner de la solitude qu’implique toute orientation vers le réel et son impossible, mais trouver le point de rencontre qui permet que se nouent plusieurs styles et manière de prendre les questions que nous allons mettre au travail.
– En quoi cette thématique du lien à l’autre vous intéresse-t-elle particulièrement ?
C’est une question qui est au cœur de la pratique analytique et bien souvent les analysants nous l’adressent, parfois sous la forme de la culpabilité, en prétendant qu‘aujourd’hui, c’est bien trop narcissique, voire bourgeois, de faire une analyse alors que le malaise dans la civilisation dénude désormais à quel point la pulsion de mort est libérée. Or justement, pouvoir prendre ses responsabilités dans le désordre que l’être parlant est prompt à attribuer à l’autre, pouvoir reconnaître cet objet obscur qui nous anime sans le dénoncer chez l’autre, c’est une manière de trouver une nouvelle modalité de présence à l’autre, très précieuse donc par les temps qui courent marqués par la haine et la ségrégation.
– Comment lier la singularité sela plus absolue et lien social, deux objets qui sont au cœur de la psychanalyse ?
J’ai commencé à y répondre avec la deuxième question et ce sera sans doute l’objet de nos futures rencontres, mais cela m’intéresse beaucoup de travailler sur la façon dont une analyse poussée le plus loin possible, loin de déboucher sur le cynisme ou la revendication du symptôme auquel on se serait identifié, permet plutôt de composer avec les symptômes des autres, à rebours de la pente identitaire contemporaine. C’est une question qui a été mise au travail par J.-A. Miller dans sa Théorie de Turin. C’est la question qu’il nous adresse également aujourd’hui que la psychanalyse est attaquée. Quelle est notre façon de répondre, d’intervenir, à partir de la position analytique et son discours, sachant que comme nous l’a enseigné Lacan, le discours du maître est l’envers du discours analytique ? Cela suppose un maniement délicat, non dupe, un usage particulier de ce discours du maître…





